Vivre en forêt : pourquoi la forêt m’attire ?

Le mythe du bon sauvage fantasmé par M.Mih

Avant de lire cet article Vivre en forêt, as-tu lu le préambule ?

C’est comme si chaque nouvelle expérience que je vis, chaque nouvelle bribe de connaissance que j’incorpore, chaque nouvelle pièce qui trouve sa place dans le puzzle de mon existence me poussaient, m’attiraient inéluctablement vers la forêt, vers le fait de vivre en forêt.

Comme si la Vie, ou à minima la mienne, présentait une compatibilité maximale avec un milieu peu civilisé. Plus précisément, avec la forêt comme je la connais depuis que je suis né.

Ce n’est pas seulement une possibilité supplémentaire, un milieu où je me sens bien, parmi d’autres. « Je peux vivre en forêt ou autre part, c’est du pareil au même »

Non.

Je sais bien qu’en forçant, je peux fonctionner en ville, à la campagne (peut-être même en plaine, quoique…), entre des murs de béton et de plâtre.

Seulement voilà, je ne crois pas avoir été conçu pour ça.

À vrai dire, je ne pense pas avoir été prédestiné pour quoi que ce soit. Encore heureux.

Cependant, cependant…

Mes fonctionnalités doivent être plutôt basiques, et l’option « Bien-être en civilisation » n’est disponible qu’en version démo, seulement les 30 premiers jours (parfois juste 1 journée, parfois j’atteins les 3 mois).

Il doit y avoir un module à acheter quelque part, mais je n’ai pas franchement envie de le chercher, je crois bien.

J’aurais trop peur de le trouver.

Bien sûr, quand j’avais quatorze ans, on me disait que :

Tu es jeune, (donc) c’est normal.
(Tout comme d’être anarchiste, humaniste, rêveur, quoi… ?)

Normal de ne pas se sentir dans la norme.

Aujourd’hui, dix ans plus tard, j’ai l’impression d’entendre la même rengaine.

Et je crois que ce sont les mêmes qui parlent, encore et toujours.

Suis-je resté jeune ? Ou est-ce eux qui n’ont pas arrêté de vieillir ?

Laisse-les nous mépriser, nous appeler jeunes et incultes
C’est la maladie du siècle, dans le cœur des surins
Les terriens ont enterré ce qui faisait d’eux des humains
Keny Arkana

 

Vivre en forêt

La forêt. Peux-être que je ne suis pas assez clair.

Peux-être que quand j’en parle (si vous avez lu le préambule, vous savez que cela arrive (de moins en moins) rarement), les mots forêts et nature font appel à d’autres représentations chez mes interlocuteurs interloqués.

Ils ont rangé la forêt dans loisir et vacances et nature dans bobo (bourgeois bohème) et utopie.

Si je parle de civilisation comme d’une possibilité d’organisation sociale parmi d’autres, on invoque l’image de l’austérité.

Ou de l’ascétisme.

Tant de mots reliés à des concepts mal définis, flous. Parle t’on vraiment de la même chose ?

Forêt.

Je ne parle pas d’un retrait, d’un ermitage.

Simplement une présence en forêt.

Certains rentrent le soir dans leur appartement.

Je fantasme sur le fait de pouvoir rentrer le soir à l’extérieur.

Cela m’apparaît comme l’état naturel pour moi. Je précise. Pour moi.

Je ne considère pas la nature comme un « plus », apportant des bienfaits permettant d’améliorer l’hygiène de vie. Il me semble au contraire que nous sommes amputés de celle-ci par la civilisation. Nous sommes des super-héros entourés de kryptonite dans le quotidien. Vivre en forêt, c’est enlever ce qui me traîne, ce qui m’enfonce.

 

La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à enlever.
Antoine Saint-Exupéry

Je pourrais construire devant toi, dans cet article, le puzzle de ma vie, tous ces choix qui me montrent la voie simple de la forêt, appuyé par la science, la réflexion, l’intuition… C’est la raison d’être de la section Primitif du site. Petit à petit, pièce après pièce, article après article. Toujours dans un souci d’explication, et non pour convaincre.

Parfois, il faut prendre un peu de temps. La pièce semble étrange, déformée, laide. Il « suffit » de l’assembler avec les bonnes pièces pour avoir une cohérence globale, et un tableau magnifique.

Ce tableau, c’est la forêt. Une vie en forêt. Vivre en forêt.

Je vous l’avais dit, c’est un fantasme. Un désir profond qui me pousse à vivre, tout simplement.
Ce n’est pas obligatoire de fantasmer, c’est juste indispensable pour continuer à animer ma vie, jour après jour.

 

Et toi, ton tableau de vie, il est comment ?

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Une pensée sur “Vivre en forêt : pourquoi la forêt m’attire ?

  • 11 juillet 2017 à 21 h 43 min
    Permalink

    C’est drôle tiens, j’en aurai parlé différemment, mais c’est bien là ma vision de ce que l’on appelle aussi « communément » l’idéal… Bien dit! 😉

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