Lia, gardienne d’Erreur 404

Bonjour Lia. Je pourrai te présenter… mais cela me prendrait bien un blogue entier ! Et comme j’ai la chance de t’avoir trouvé, toi la gardienne d’Erreur 404, autant te déléguer la tâche… Qui es-tu ?

Bonjour M.Mih !
Ouf, tu attaques fort avec cette question. Personne ne m’avait prévenue qu’on allait ouvrir le bal sur la question de l’identité !

Plus sérieusement, je t’avoue que j’aimerais bien avoir une réponse, mais je la cherche encore. Les gens me connaissent pour plein de raisons différentes, alors souvent je décline mon identité en collection de mots clefs qui ont plus ou moins de sens. J’adapte la liste en fonction des situations, des personnes à qui je m’adresse.

Dans ton cas, je pense que les points d’intérêt seraient que je suis écrivain, un chouia psycholinguiste, et que je suis une rêveuse un peu sociopathe qui a beaucoup de choses à régler avec elle-même (ça se sent, non ?).

Sur pas mal de sites internet, je me définis comme Cyber-kender. Cyber parce que je suis un personnage en ligne et que je voue une affection particulière aux univers cyberpunk. Kender parce que j’aime beaucoup voyager, et surtout j’ai une notion du danger et des conventions sociales un peu particulière.
Pour le fun, j’ajouterais que je suis yodelologiste. Ça fait toujours causer. Mais en vrai, je n’aime pas cette collection de mots-clefs, j’ai toujours l’impression d’en oublier ou de ne pas être honnête.

Alors, disons que je suis moi et c’est sans doute ce que je fais de mieux. C’est le principal.

Pour le reste, comme tu dis, il faut bien un blogue entier, sans doute même plus que ça, mais un blogue j’en ai déjà un : je ne vais pas tout te remettre ici !

Qu’est-ce qui anime ta Vie ?

Mes couleurs et mes émotions !

Lia et ses émotions

Je ressens tout très fort, et c’est ce qui me pousse à créer la plupart du temps.

Et de manière générale, mes passions, mes voyages, tout ça animent ma vie. Il faut que ça bouge, il faut que ça me secoue, sinon je m’ennuie, et dans mon état d’esprit, rien n’est pire que l’ennui.

Je suis quelqu’un de très extrême et comme mes émotions me hurlent ce que je dois faire, si je ne ressens plus rien, alors ça ne vaut pas le coup de vivre. Donc je remplis, remplis, avec tout ce que j’aime et tout ce qui a un sens. Les rencontres, le partage, l’inspiration, la musique, l’écriture…

Soyons honnêtes : ça fait de moi quelqu’un d’absolument pas fiable socialement avec un emploi du temps qui déborde en permanence. Mais je pense que c’est comme ça que je vis le mieux.

Ton site est un univers mêlant écriture, dessin, bricolages, anecdotes, billet d’humeur, état de santé, jeux vidéo, metal et peluches ! As-tu une manière d’aborder l’écriture d’article ? Une méthode, une contrainte (de temps, de longueur…) ?

La Rein des ombres par Lia

Autant pour la fiction j’adore les contraintes, autant pour mes articles c’est différent.

Souvent, je les écris parce que j’ai besoin de les écrire, parce que j’ai des choses à dire, ou parce qu’on m’a posé une question. Il n’y a pas de règle de rédaction : je fais ce que je veux, comme je veux, au moment où je le veux ou j’en ai besoin.

En fait, le seul fil rouge que tu peux trouver sur ce site, c’est que si tu prends l’ensemble, ça fait un bon « mode d’emploi de la Lia ». J’ai un immense besoin d’être comprise, alors je profite de mon blogue pour clarifier des choses sur moi. C’est comme ça que je l’ai conçu.

Quand j’écris mes articles, souvent, la seule règle que je suis, c’est : « Si ma mère lisait ça, est-ce qu’elle comprendrait ? »

Freud aurait beaucoup de choses à dire, j’imagine…

Du coup, ça donne des articles parfois décousus, parfois très longs (le dernier fait presque 20 000 mots… à ce niveau, c’est plus une novella qu’un article), mais ce n’est pas grave.

En vrai, la démarche de l’Erreur est assez égoïste. Je blogue depuis plus de dix ans maintenant et beaucoup de mes anciens articles n’ont jamais été lus que par moi, parce que personne ne les a jamais trouvés sur la vaste toile.

Mais ça me faisait du bien quand même de les écrire et les poster, et j’ai gardé cette habitude. C’est ironique, parce que finalement, c’est le blogue d’Erreur 404 que les gens ont trouvé.
Ces blogues, je les écris d’abord pour moi, parce qu’il faut que j’évacue, puis pour ma famille, parce que j’ai envie qu’ils comprennent, et après, si ça peut parler à d’autres gens, je suis contente. On m’a déjà dit que ça avait aidé certaines personnes, alors je me dis que ce n’est pas perdu. Mais j’avoue que ce n’est pas le but premier.

C’est encore très nouveau pour moi d’être lue, je n’ai pas l’habitude de fonctionner avec ça en tête !

 

Pour le Ray’s Day, tu as envoyé une carte postale avec une micronouvelle à tous ceux qui le souhaitaient… Qu’en as-tu pensé ? Retenteras-tu l’expérience ?

Ça fait deux ans que je le fais et je pense sincèrement que je vais recommencer cette année, surtout maintenant que j’ai pris de l’assurance avec mes DailyShorts. 

J’aime vraiment énormément les cartes postales.

J’aime avoir des petites attentions pour les gens, chercher quelle private joke mettre, raconter des bêtises… Et pour les micronouvelles, c’est vraiment pile le format idéal. Ça force à ne pas dépasser les deux ou trois cents mots.

En fait, les deux seules contraintes sont le temps que ça prend, et le coût. Le temps, je le prends volontiers, surtout en voyage, dans le train, ou en pause lors d’un festival, ou tranquillement en auberge de jeunesse…

Le fait d’écrire me permet de souffler, de contrebalancer l’épuisante excitation du voyage, de me recentrer.

Le coût, il faut que je fasse attention, j’ai du mal à gérer mon budget. Il y a deux ans, c’était ce qui m’avait coûté le plus cher pendant mon voyage, j’avais envoyé plus de cinquante cartes, j’en avais eu pour plus de cent euros. Alors l’an passé j’avais fait une espèce de crowdfunding : j’envoie une carte postale à tous ceux qui le souhaitent, et ceux qui ont les moyens de donner 2 € (le prix d’une carte + timbre, environ) ou moins ou plus donnent. J’avais rassemblé 200 € en tout, alors j’ai pu envoyer les 97 cartes postales qu’on m’a demandées.

C’était une expérience absolument géniale, je ne regrette rien, ça a vraiment embelli mon voyage.
 Je pense que je vais essayer de recommencer avec ce même format cette année.

Évidemment sur toutes ces cartes il n’y avait pas que des nouvelles. Beaucoup de gens préfèrent les cartes où je m’adresse directement à eux, et ça, je ne m’y attendais pas, mais ça me fait plaisir. Pour les autres, je me pose un défi : j’essaie d’imaginer une série de nouvelles qui fonctionnent ensemble (si jamais il leur prend l’envie de les poster sur les réseaux sociaux), mais qui fonctionnent aussi séparément au cas où chacun préférerait garder son histoire pour lui.

Il y a deux ans, j’avais fait toute une mini saga de science-fiction avec explosion du soleil et conquête de l’espace incluses. L’an passé, j’avais trouvé des très jolies cartes postales en noir et blanc et j’avais inventé une histoire farfelue à base de couleurs qui disparaissaient. Je ne sais pas à quel point ça fonctionnait, mais j’étais contente.

C’est vraiment un exercice de style que j’affectionne beaucoup.

Autoportrait de Lia dans le train

Framagirl : Comment as-tu commencé à écrire des fictions sur Twitter ?  Pourquoi ce format ?

Alors en fait, je ne fais pas tellement de micronouvelles sur Twitter, parce que j’avoue que 140 caractères, c’est un peu trop court pour moi. Je les fais sur Instagram, pour 2200 caractères et une image, et c’est relayé automatiquement sur Twitter.

C’est… une longue histoire, comme un peu toutes mes histoires, en fait.

Alors… Pourquoi me lancer dans ma folle aventure des DailyShort… En fait, je pense que c’était surtout de l’inconscience et une nouvelle preuve de mon absence totale d’esprit pratique. Ça partait d’une bonne idée ! J’ai toujours été à l’aise sur le format court, voire très court. De la microfiction, j’en écrivais au quotidien dans ma tête, en croisant des détails de mon quotidien qui me faisaient un flash d’inspiration, et zou, c’était parti. Mais ça restait dans ma tête.

L’an passé, en août, alors que j’étais en Suède, j’ai eu un électrochoc. J’étais à Gothenburg, chez celui que j’appelle mon jumeau Suédois, qui vit pour et par sa passion, et qui me soutient énormément dans mon écriture. On a parlé de nos manières de vivre, et je me suis retrouvée face au fait que j’étais coincée à Paris, dans un quotidien pénible (même si globalement entourée de gens sympas), avec un travail qui ne m’épanouissait pas assez, et frustrée par le manque de créativité et surtout d’écriture dans ma vie.

« Pourquoi tu n’écris pas plus ? », il m’a demandé.

Je me suis trouvée bête.
 Plus tard, pendant qu’il bossait, j’ai pris le temps de me balader dans Gothenburg. À ce moment, je cherchais l’inspiration pour mes cartes postales, alors je faisais attention à tous les détails, et puis un bâtiment a attiré mon attention. Dans ma tête j’ai commencé à écrire une histoire (j’ai appris plus tard que le bâtiment en question est le Lipstick Building et il est assez célèbre, en fait).

Le soir, on parlait de tout et de rien, et il m’a montré comment il utilisait Instagram. Il postait des textes qui me semblaient assez longs avec ses photos, alors je croyais qu’il n’y avait pas de limite de caractères.

Grave erreur !
En faisant deux plus deux, j’ai tenu ma solution : en rentrant en France, j’ai décidé de faire attention aux petites choses du quotidien, de prendre des photos et d’écrire des histoires dessus que je posterais sur Instagram.

Mes #DailyShort.

Finalement, il s’est avéré qu’il y avait bien une limite de caractères. Oups. Ça m’a forcé à apprendre à faire plus court. Et moi qui ai toujours eu du mal avec le visuel, ça me forçait à faire attention aux images, à regarder autour de moi, prendre des photos…

C’était une expérience intéressante !
Je me suis lancée début septembre et j’ai tenu plus de trois mois, à un texte par jour. Parfois, c’était compliqué, ça me faisait même franchement disjoncter, mais j’ai appris à gérer, à réguler. Et j’adore cet exercice.
Pour le moment, je fais une pause un peu forcée. Ça me fait du bien, parce que mine de rien, j’ai beaucoup produit en peu de temps, mais c’est surtout parce que mon BlackBerry est mort. Comme c’est mon outil d’écriture principal et mon unique moyen de poster sur Instagram, c’est un peu compliqué pour le moment. 
Mais en vrai, ça me manque ! J’ai hâte de reprendre.

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