Page42 = Julien Simon = Neil Jomunsi = Patron de Walrus !

Peux-tu te présenter, parce que moi, je suis perdu. Es-tu Page42, Julien Simon, Neil Jomunsi ou le patron de Walrus ?

Je suis tout ça à la fois, en fait. Pourquoi, c’est incompatible ? 😀 Oui, je sais, ça peut être parfois difficile à suivre. C’est parce que j’ai un défaut : je me lance dès que j’ai une nouvelle idée. Alors les identités fluctuent.

Tu es un dingue des défis personnels, que ce soit d’écrire 52 nouvelles en un an, ou de voir 365 films. Pourquoi ?

Ce n’est pas tant les défis que les contraintes que j’aime, la structure. Je trouve qu’on crée des choses admirables dans le carcan des règles d’un jeu, de structures, de pré-constructions. C’est une manière aussi de canaliser mon énergie, de donner un fil conducteur — car c’est un autre défaut, je me lasse vite. Alors autant avoir des règles précises avant de commencer quoi que ce soit.

 

Tu es friand de formation, je me trompe ? Qu’as tu suivi comme formation sur l’écriture ?

Pas tant de formation que d’écouter les expériences des uns et des autres, oui. Pour un fan de Bradbury comme moi, c’est important de connaître et d’écouter son avis sur la question. J’aime lire des livres sur l’écriture, sur la dramaturgie, la fiction. Ce sont des manuels dans lesquels on pioche ce que l’on a envie de piocher, et on se fait sa propre sauce à la fin.

Je n’ai suivi aucune formation d’écriture littéraire à proprement parler, mais j’ai fait des études de cinéma et j’ai appris à écrire un scénario. De là est née ma passion pour l’écriture.

As-tu une méthode pour écrire tes fictions ? Et pour écrire sur ton blog ?

Non, pas vraiment. Je veux dire, j’ai longtemps cru que j’en avais une, mais en fait elle change à chaque nouveau projet. Quelque part, c’est un peu une méthode : chaque nouveau projet amène ses propres règles, sa propre méthodologie en fonction de ses besoins — ceux de l’histoire et ceux de l’auteur. On change, on grandit, on évolue. Les méthodes bougent tout le temps. Mais je travaille beaucoup à l’instinct. Je m’écoute beaucoup quand il s’agit de création, et je ne cherche pas nécessairement la cohérence immédiate. Si ça me plait, je vais dans cette direction.

Des sites ou des ressources à conseiller aux écrivains amateurs (à part ton site qui regorge de conseils en tous genres, merci ! ) ?

J’ai une bible : « Le Zen dans l’Art de l’Écriture » de Ray Bradbury. Mais il y en a des tonnes, à commencer par « Ecriture : mémoires d’un métier » de Stephen King qui est aussi très bien. Les manuels d’écriture sont plutôt une tradition anglophone, c’est dommage, j’aimerais lire plus de français.

Tu es un artiste engagé, mettant les articles de ton blog sous licence C.C, proposant un système de financement participatif pour te suivre, te soutenir et avoir accès à toutes tes œuvres, pour un prix libre. Un tel système fait rêver. Arrives-tu à vivre de ton écriture ? Aimerais-tu voir plus d’artistes emprunter cette voix ?

Je ne vis pas de l’écriture, mais j’en vis de mieux en mieux. J’aimerais en vivre complètement, mais je ne sais pas si c’est un but enviable : pour maintenir son niveau de vie et payer ses factures, il faudrait écrire toujours et encore, quitte à surproduire. Je ne sais pas. Si jamais j’y arrivais, je devrais trouver un équilibre qui ne me rende pas fou (je suis un stresseur). Mais le système participatif via Tipeee est effectivement quelque chose que j’aimerais voir plus souvent chez les autres. C’est un formidable vecteur de liberté et une preuve du confiance du public.

 

Tu es un auteur qui réalise des écrits, de l’audio, des vidéos (avec « Storyfication »)… Pourquoi ? Est-ce que l’auteur de demain (et d’aujourd’hui ?) doit être transmédia ?

Je le fais surtout parce que, comme je l’ai dit plus haut, j’ai fait des études de cinéma et je sais le faire : c’est une chance d’avoir ce savoir-faire que tous les auteurs et toutes les autrices n’ont pas, et je la mesure. Je l’utilise dans la limite de mes capacités, de celles que je me donne aussi en m’auto-formant — c’est très facile avec internet aujourd’hui — et toujours au service d’un projet ou d’une histoire. J’aime l’idée qu’une histoire a un format natif, dans lequel elle donnera le meilleure de ses capacités. Je ne suis pas sûr que l’auteur doive à tout prix mettre le nez dans le transmédia. Je crois qu’il faut le faire uniquement si cela apporte vraiment quelque chose narrativement parlant et surtout si ça vous amuse de le faire.

Quelle serait la question parfaite que tu aimerais que je te pose ? Et la réponse, alors ?

Celle à laquelle je n’aurais pas de réponse. Comme celle que tu viens de me poser par exemple. Et je viens de t’en faire la réponse. Wow, ça file le tournis, là. On se croirait dans Inception.

Tes conseils pour être heureux ?

Prendre un peu de recul sur la chronologie des évènements, lire beaucoup tant qu’on le peut et quand on en a le temps, essayer de lâcher un peu les réseaux sociaux et les sites d’informations, même si j’ai du mal moi-même à ne pas rester connecté en permanence de peur de rater quelque chose — c’est une maladie très moderne — et se consoler en n’oubliant jamais que tout ça sera très vite du passé. Faire ce qu’on aime ça sonne bateau, pourtant c’est le seul truc qui vaille.

 

Merci beaucoup !

Allez, maintenant, il faut le suivre chez lui !

Son site : Page42
Sa maison d’édition : Walrus
Sa page Tipeee
Sa chaîne Youtube Storification

 

J’en parle aussi sur Education-Hacking.

Retrouve d’autres interviews fantastiques par ici.

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